Plusieurs heures après sa disparition, les gendarmes sont toujours à la recherche du petit Antoine, 6 ans et demi, qui n'a plus été vu depuis jeudi soir, au domicile de sa mère qui l'avait laissé seul. "On parle toujours de fugue, mais plus le temps passe, plus il faut chercher autre chose", estime-t-on à la gendarmerie d'Auvergne. "On dépasse le stade de la fugue simple, même si on a un certain nombre d'éléments objectifs au départ qui font penser à une fugue", précise-t-on. "Cela devient inquiétant avec le temps qui passe, même s'il n'y a pas d'indice d'enlèvement", souligne de son côté une source judiciaire.
La mère d'Antoine et son nouveau compagnon, qui habitent un appartement au premier étage d'un immeuble ancien dans le centre d'Issoire, étaient sortis dîner jeudi soir au restaurant entre 20h et 21h15. Selon leurs déclarations, ils avaient constaté la disparition de l'enfant à leur retour. Aucune trace d'effraction n'a été relevée. Décrit comme un "enfant très débrouillard", Antoine, qui mesure 1,10 m pour 19 kg, a emporté avec lui "quelques biscuits, son sac de sports, mais pas de vêtements", précise la gendarmerie. Il serait vêtu d'un pantalon bleu de type treillis, d'un T-shirt blanc, d'un pull bleu clair, d'une veste marron et de chaussures Nike rouge, noir et argent, selon sa mère.
"Une demi journée derrière une armoire"
Une vingtaine de gendarmes, aidés de quelques bénévoles, procèdent encore ce matin à un ratissage le long des axes marqués la veille par le chien de l'équipe cynophile, à environ 2 km de l'appartement. Ce dispositif devait être étayé dans la journée en fonction des événements, selon l'officier de gendarmerie. "Il peut se cacher dans la cave d'à-côté, être prostré quelque part, on ne sait pas, c'est tout le problème", estime la gendarmerie, qui souligne qu'Antoine avait déjà fait dans le passé "une farce à sa mère en restant une demi journée derrière une armoire pour lui faire peur, ce qui suppose un caractère déjà affirmé".
L'enfant avait fait sa rentrée scolaire début septembre mais, dès le deuxième jour, avait manqué l'école en raison d'une gastro-entérite, et n'était plus allé en classe depuis, selon le procureur de la République, Jean-Yves Coquillat. Selon le magistrat, Antoine, qui vivait seul avec sa mère, une serveuse de bar de 23 ans, supportait mal, selon l'entourage du couple, l'arrivée récente d'un nouveau concubin, âgé de 29 ans. Dans la petite ville d'Issoire, des affichettes avec le portrait de l'enfant ont été placardées sur les vitrines des magasins.